Recommandations en vue du remboursement
Messages clés
- L’Agence des médicaments du Canada (CDA-AMC) recommande aux régimes d’assurance médicaments publics de rembourser Tezspire comme traitement d’entretien d’appoint aux corticostéroïdes intranasaux chez les personnes adultes atteintes de rhinosinusite chronique avec polypes nasaux (RSCaPN) de forme grave insuffisamment maitrisée par la corticothérapie à action générale ou la polypectomie, sous réserve de certaines conditions.
- Le Comité canadien d’expertise sur les médicaments (CCEM) estime que Tezspire présente une utilité clinique acceptable par rapport aux comparateurs pertinents que sont le dupilumab et le mépolizumab. Comme on s’attend à ce que Tezspire constitue une option de rechange au dupilumab, à l’omalizumab et au mépolizumab, son utilité clinique acceptable doit être au moins semblable à celle d’un ou de plusieurs de ces médicaments. Les données probantes issues d’un essai clinique ont montré que Tezspire combiné aux corticostéroïdes intranasaux pendant 52 semaines réduit la taille et le fardeau des polypes nasaux chez les personnes atteintes de RSCaPN de forme grave insuffisamment maitrisée par la corticothérapie par voie orale ou la polypectomie. Les données probantes extraites d’une comparaison indirecte indiquent que le traitement par Tezspire offre un soulagement des symptômes et du fardeau global de la maladie semblable à celui que procure le dupilumab. Avec Tezspire, la diminution du fardeau de la maladie se poursuit et il est moins nécessaire de recourir à la polypectomie ou à la corticothérapie à action générale, comparativement au mépolizumab. Cependant, les comparaisons indirectes étaient très incertaines en raison de limites méthodologiques, de différences entre les essais et d’une incertitude quant aux résultats globaux; par conséquent, il est difficile de tirer des conclusions. De plus, aucune comparaison n’a été effectuée entre Tezspire et l’omalizumab.
- Le CCEM souligne que les traitements existants ne comblent pas tous les besoins cliniques et qu’il existe des obstacles à l’accès. Le dupilumab doit faire l’objet d’une surveillance supplémentaire quant à de possibles enjeux d’innocuité et aux injections une semaine sur deux pouvant constituer un fardeau pour les patients et patientes. Il n’était pas encore inscrit sur la liste de médicaments des régimes d’assurance médicaments publics au moment de la rencontre du Comité. Le mépolizumab est couvert par les régimes publics, mais uniquement après une polypectomie. Une version biosimilaire à l’omalizumab existe pour traiter la RSCaPN dans certains territoires et provinces, mais y accéder peut être complexe, car il faut mesurer la concentration d’immunoglobuline E. Tezspire pourrait répondre aux besoins actuellement non comblés, compte tenu de son efficacité clinique acceptable et des conditions requises potentiellement plus simples.
- Tezspire ne devrait être remboursé qu’aux personnes atteintes de RSCaPN de forme grave qui prennent des corticostéroïdes intranasaux et ont des symptômes persistants malgré une récente corticothérapie par voie orale ou des antécédents de polypectomie.
- Tezspire ne doit être remboursé que s’il est prescrit par un médecin ayant l’expérience des traitements biologiques et une expertise dans la prise en charge de la RSCaPN de forme grave, si la personne ne reçoit pas un autre médicament biologique pour traiter la RSCaPN et si le cout de Tezspire pour le régime d’assurance médicaments ne dépasse pas celui du médicament biologique le moins cher remboursé dans cette indication.
- D’importants éléments budgétaires doivent être pris en compte pour que les systèmes de santé puissent adopter Tezspire.