Examens d’une technologie de la santé
Publication : 16 octobre 2026
Messages clés
Quelle est la situation?
- L’antibiothérapie parentérale ambulatoire (APA) désigne l’administration d’antimicrobiens par voie intraveineuse en dehors d’un établissement de santé, sans hospitalisation. Il existe de nombreux modèles d’administration, les plus courants étant en centre de perfusion, en établissement de soins infirmiers spécialisés et à domicile.
- Selon les données probantes, l’APA se veut une approche sure et efficace pour traiter les infections, réduire le nombre de séjours à l’hôpital, diminuer les couts des soins de santé et améliorer le roulement des patients et patientes. Il est toutefois nécessaire d’évaluer la variabilité entre les différents modèles d’administration de l’APA.
- Il existe des variations entre les modèles d’administration de l’APA et leurs composantes; il est donc important d’examiner ces modèles afin de mieux comprendre comment leurs résultats se comparent. Les décisionnaires ont demandé des données probantes afin d’éclairer leurs décisions concernant les modèles d’administration de l’APA ainsi que leurs composantes.
Qu’avons-nous fait?
- Afin d’éclairer les décisions relatives à l’utilisation de différents modèles d’administration de l’APA chez les adultes devant recevoir des antimicrobiens par voie intraveineuse, nous avons mené un examen rapide visant à synthétiser les données comparant l’efficacité clinique et le rapport cout/efficacité de l’antibiothérapie parentérale administrée en milieu extrahospitalier et en milieu hospitalier, ainsi que les divers modèles d’administration. Nous avons également tenté de trouver des lignes directrices fondées sur des données probantes concernant le recours à l’APA chez les adultes et ses modèles d’administration au Canada.
- Nous avons interrogé des ressources clés, dont des bases de données de références de revues, et effectué une recherche ciblée sur Internet des données probantes publiées depuis 2018.
- Le présent rapport a pour objectif de résumer et d’évaluer d’un œil critique les données disponibles sur le sujet, mais il ne fournit pas de recommandation officielle sur la mise en œuvre de l’APA. Il a fait l’objet d’un examen externe par une personne possédant une expertise clinique dans les soins et le suivi ambulatoires.
Qu’avons-nous trouvé?
- Nous avons recensé trois études menées en Ontario et en Colombie-Britannique fournissant des détails sur les modèles d’administration de l’APA au Canada. Dans deux programmes, des cliniques d’aiguillage rapide pour l’APA sont dotées de médecins spécialistes en maladies infectieuses ainsi que d’une infirmière. Un programme est géré par un service d’urgence et supervisé à temps partiel par des urgentologues et des médecins spécialistes en maladies infectieuses.
- Nous avons recensé une évaluation des technologies de la santé, trois revues systématiques et huit études rétrospectives démontrant que l’APA pourrait constituer une option de rechange sure et efficace à l’administration en milieu hospitalier. Toutefois, les résultats sont mitigés et incohérents. Dans les études comparant différents modèles d’administration de l’APA, l’APA autoadministrée semblait être une option de rechange sure et réalisable à l’APA administrée par du personnel de santé ou à l’APA assistée par télémédecine.
- Ces études présentent toutefois des limites, notamment une qualité généralement médiocre, ce qui a une incidence sur l’interprétation de leurs résultats. On observe des différences statistiquement significatives entre les groupes d’intervention, ce qui signifie que l’APA a été prescrite à des personnes dont l’état de santé était systématiquement meilleur. Une seule étude a été menée au Canada, ce qui limite la généralisation et l’applicabilité des résultats dans le contexte canadien.
- Certaines études portent sur des personnes âgées et des personnes qui s’injectent des drogues; toutefois, aucune étude ne compare l’efficacité clinique de l’APA chez ces populations.
- Aucune évaluation économique n’ayant été recensée, le rapport cout/efficacité de l’APA comparativement à l’administration en milieu hospitalier et à différents modèles d’administration demeure incertain.
- Nous avons relevé deux lignes directrices qui insistent sur l’importance de compter, au sein de l’équipe d’administration de l’APA, une personne compétente spécialisée dans les maladies infectieuses chargée de la sélection des patients et patientes, de la planification du traitement et du suivi continu. Ces lignes directrices recommandent également la mise en place d’une équipe multidisciplinaire officielle chargée d’administrer l’APA, dotée de structures de gouvernance claires. Des suivis réguliers et une surveillance continue sont également recommandés.
- Les lignes directrices recommandent également de ne pas exclure de l’APA les personnes âgées et les personnes qui consomment de drogues injectables, et soulignent que l’autoadministration pourrait être envisagée chez certaines personnes âgées, sous réserve d’un suivi régulier. Une ligne directrice appuie également le recours à la télémédecine lorsque l’APA est administrée à domicile.
Qu’est-ce que ça signifie?
- La qualité des données probantes est généralement faible et les résultats incohérents d’une étude à l’autre, ce qui limite notre confiance dans ces résultats.
- Les résultats s’avèrent mitigés et non concluants, aucune différence constante n’ayant été observée sur le plan des résultats cliniques et de l’innocuité entre l’administration de l’antibiothérapie parentérale en milieu extrahospitalier et en milieu hospitalier. L’APA autoadministrée montre une incidence similaire sur les résultats cliniques par rapport à l’APA administrée par du personnel de santé. De même, selon les données probantes, l’APA assistée par télémédecine constitue une option viable par rapport à l’APA classique.
- Les données probantes indiquent que la sélection des patients et patientes est cruciale pour garantir l’innocuité et l’efficacité de l’APA, quel que soit le modèle d’administration.
- Avant de mettre en œuvre ou d’étendre l’APA, les décisionnaires devraient tenir compte des ressources locales, des infrastructures, de la population de patients et patientes, des effectifs, de la disponibilité de spécialistes en maladies infectieuses, ainsi que de l’accès aux services communautaires.
- Les données probantes décrivant les modèles d’administration de l’APA au Canada sont limitées, les renseignements provenant principalement des régions métropolitaines.