Examens d’une technologie de la santé
La prolothérapie par le dextrose dans le traitement des troubles musculosquelettiques
Messages clés
Quelle est la situation?
- Les troubles musculosquelettiques constituent l’une des principales causes de douleur chronique et d’incapacité chez l’adulte; ils touchent les capacités fonctionnelles, la qualité de vie et la participation aux activités quotidiennes. Ces troubles ont une incidence sur le recours aux soins de santé et sur les couts sociétaux au Canada.
- La prolothérapie par le dextrose est un traitement par injection utilisé pour certains types de douleurs musculosquelettiques aigües et chroniques. La procédure consiste à injecter une solution irritante, le plus souvent du dextrose hypertonique, dans les ligaments, les tendons ou les articulations afin de provoquer une réponse inflammatoire localisée. Cette réponse vise à favoriser la réparation tissulaire, le dépôt de collagène et le renforcement des tissus conjonctifs, ce qui pourrait améliorer la stabilité articulaire et réduire la douleur au fil du temps.
Qu’avons-nous fait?
- Nous avons mené un examen rapide afin de résumer les données probantes comparant l’efficacité clinique et l’innocuité de la prolothérapie par le dextrose à celles de tout autre comparateur ne faisant pas appel à la prolothérapie chez l’adulte présentant un trouble musculosquelettique aigu ou chronique.
- Nous avons interrogé des ressources clés, dont des bases de données de références de revues, et effectué une recherche ciblée sur Internet des données probantes pertinentes publiées entre le 1erjanvier 2024 et le 23 mars 2026.
Qu’avons-nous trouvé?
- Nous avons recensé cinq revues systématiques portant sur l’efficacité clinique et l’innocuité de la prolothérapie par le dextrose chez l’adulte présentant un trouble musculosquelettique aigu ou chronique.
- Dans le cas de l’arthrose du genou, une revue systématique conclut que les données probantes sur l’efficacité de la prolothérapie par le dextrose par rapport au placébo ou à d’autres comparateurs sont incertaines ou non concluantes, les revues faisant état de résultats mitigés ne montrant aucune tendance cohérente sur le plan des bénéfices.
- Dans le cas de la fasciite plantaire et d’autres douleurs au pied, deux revues systématiques révèlent que la prolothérapie par le dextrose pourrait réduire la douleur par rapport au placébo (injections de solution saline) et à la physiothérapie. Les données probantes sur l’efficacité de la prolothérapie par le dextrose par rapport au traitement par ondes de choc extracorporelles, à la phonophorèse ou au plasma riche en plaquettes n’indiquent aucune différence statistiquement significative entre les groupes quant aux critères d’évaluation pris en compte. Les injections de corticostéroïdes pourraient offrir de meilleurs résultats à court terme et des résultats semblables à moyen terme pour ce qui est de la douleur et des capacités fonctionnelles par rapport à la prolothérapie par le dextrose.
- Dans le cas des douleurs à l’épaule, deux revues systématiques indiquent que les données probantes concernant l’efficacité de la prolothérapie par le dextrose par rapport au placébo (injections de solution saline), à la physiothérapie ou aux injections de corticostéroïdes sont incertaines ou non concluantes, les revues faisant état de résultats mitigés ne montrant aucune tendance cohérente sur le plan des bénéfices.
- Dans le cas de la tendinopathie latérale du coude, une revue systématique montre que les données probantes sur l’efficacité de la prolothérapie par le dextrose par rapport aux injections de corticostéroïdes et au traitement par ondes de choc extracorporelles sont incertaines ou non concluantes, les revues faisant état de résultats mitigés ne montrant aucune tendance cohérente sur le plan des bénéfices. Une comparaison entre la prolothérapie par le dextrose et l’injection d’acide hyaluronique ou la physiothérapie ne révèle aucune différence statistiquement significative entre les groupes pour les critères d’évaluation pris en compte, mais la prolothérapie par le dextrose pourrait améliorer les capacités fonctionnelles liées à la douleur par rapport au placébo (injections de solution saline). Les personnes ayant suivi une prolothérapie par le dextrose présentaient, par rapport à celles placées sur une liste d’attente, une amélioration plus marquée de leurs capacités fonctionnelles liées à la douleur et de leur performance physique sur une période de quatre mois.
- Dans le cas des lombalgies, une revue systématique indique que l’efficacité de la prolothérapie par le dextrose par rapport au placébo (injections de solution saline) ou aux injections de corticostéroïdes est incertaine ou non concluante, les revues faisant état de résultats mitigés ne montrant aucune tendance cohérente sur le plan des bénéfices.
- Dans le cas des troubles de l’articulation temporomandibulaire et des douleurs associées, trois revues systématiques montrent que la prolothérapie par le dextrose pourrait améliorer les capacités fonctionnelles liées à la douleur, la performance physique et l’intensité de la douleur par rapport au placébo (injections de solution saline). La prolothérapie par le dextrose pourrait diminuer l’intensité de la douleur par rapport à l’injection de sang autologue, mais ne montre aucune différence entre les groupes ni de résultats concluants concernant la performance physique. La prolothérapie par le dextrose entraine des améliorations importantes pour de nombreux critères d’évaluation pris en compte par rapport aux comparateurs (p. ex. traitement au laser de faible intensité, gouttières occlusales).
- Selon deux revues systématiques, les évènements indésirables associés à la prolothérapie par le dextrose sont généralement rares et décrits comme légers et passagers.
Qu’est-ce que ça signifie?
- La certitude des données probantes est généralement faible, et les résultats varient selon les populations, les comparateurs et les critères d’évaluation.
- Bien que certaines revues fassent état de bénéfices associés à la prolothérapie par le dextrose pour certains troubles musculosquelettiques, notamment certains troubles de l’articulation temporomandibulaire et, possiblement, la fasciite plantaire, ces résultats se limitent souvent à des critères d’évaluation ou à des moments précis. Les données probantes concernant de nombreux troubles musculosquelettiques courants restent incertaines et doivent être interprétées en tenant compte des limites méthodologiques et des lacunes dans les données probantes.
- Une mise en œuvre à grande échelle doit être envisagée à la lumière des limites actuelles des données probantes disponibles, des ressources nécessaires, des questions d’équité et de la pratique clinique au Canada.