Examens en vue du remboursement
Publication : 16 octobre 2026
Messages clés
Qu’est-ce que le sarcome des tissus mous avancé?
- Le sarcome des tissus mous (STM) est un type rare de cancer qui prend naissance dans les tissus mous des muscles, les graisses, les vaisseaux lymphatiques, les vaisseaux sanguins, les nerfs, les tendons et la membrane synoviale des articulations. Chez les adultes, moins de 1 % de tous les cancers sont des sarcomes et environ 80 % des sarcomes prennent naissance dans les tissus mous. Le STM avancé désigne un sarcome des tissus mous qui s’est propagé ou qui ne peut être traité complètement par chirurgie ou radiothérapie. Il englobe les cancers non résécables localement avancés et les cancers métastatiques. En raison de l’hétérogénéité du STM avancé, son évolution clinique varie considérablement.
- En 2025, on estimait qu’au Canada, quelque 1 700 personnes recevraient un diagnostic de STM et qu’environ 690 d’entre elles en mourraient. Aucune source publiée ne fait directement état du nombre de personnes atteintes d’un STM avancé au Canada en 2025; toutefois, compte tenu du fait qu’environ 10 % à 15 % des patients et patientes présentent une maladie métastatique au moment du diagnostic, on estime qu’il y avait entre 100 et 300 cas de STM avancé et métastatique au Canada en 2025.
Quels sont les objectifs thérapeutiques et les options de traitement actuelles pour le STM avancé?
- Les objectifs thérapeutiques pour les personnes atteintes d’un STM avancé consistent à stabiliser la maladie, à retarder sa progression, à réduire les effets toxiques du traitement et à améliorer la qualité de vie liée à la santé (QVLS). Ces critères d’évaluation sont également jugés importants d’après les observations des groupes de défense des intérêts des patients et patientes. Parmi les autres critères d’évaluation importants mentionnés par les médecins en pratique clinique figurent le prolongement de la survie et l’amélioration de la capacité à conserver son autonomie.
- Voici les options de traitement actuelles pour le STM avancé chez l’adulte :
- la doxorubicine classique, en monothérapie ou en combinaison;
- l’épirubicine;
- la gemcitabine, avec ou sans docétaxel;
- des chimiothérapies ciblant certains sous-types histologiques.
Qu’est-ce que la doxorubicine liposomale pégylée et pourquoi l’Agence des médicaments du Canada a-t-elle mené cet examen?
- La doxorubicine liposomale pégylée est une préparation de chlorhydrate de doxorubicine qui s’administre par perfusion intraveineuse. Santé Canada a approuvé la doxorubicine liposomale pégylée dans le traitement du cancer du sein métastatique, du cancer de l’ovaire avancé, ainsi que du sarcome de Kaposi lié au sida chez les personnes présentant une intolérance à une chimiothérapie antérieure. Au Canada, la doxorubicine liposomale pégylée est utilisée hors indication dans le traitement du STM avancé.
- À la demande des régimes d’assurance médicaments publics participants, l’Agence des médicaments du Canada (CDA-AMC) a examiné la doxorubicine liposomale pégylée en vue d’appuyer une recommandation en vue de son remboursement dans le traitement du STM avancé.
Comment CDA-AMC a-t-elle évalué la doxorubicine liposomale pégylée?
- CDA-AMC a examiné les données probantes cliniques sur les effets bénéfiques et les effets néfastes de la doxorubicine liposomale pégylée, et a comparé son cout à celui d’autres traitements utilisés au Canada dans le traitement du STM avancé. La doxorubicine classique (en monothérapie ou en association), l’épirubicine, la gemcitabine avec ou sans docétaxel, ainsi que les chimiothérapies ciblant certains sous-types histologiques sont considérées comme des traitements pertinents à comparer à la doxorubicine liposomale pégylée.
- Les données probantes cliniques ont été obtenues grâce à des recherches systématiques portant sur les études disponibles.
- L’examen repose également sur la contribution de deux groupes de défense des intérêts des patients et patientes en réponse à notre appel d’observations, ainsi que sur la contribution des régimes d’assurance médicaments publics participants concernant les enjeux susceptibles d’influer sur leur capacité à mettre en œuvre une recommandation.
- Deux oncologues internistes se spécialisant dans le diagnostic et la prise en charge du STM chez les adultes et les jeunes, représentant l’Ontario et la Colombie-Britannique, ont pris part au processus d’examen.
Quels sont les résultats?
Données probantes cliniques
- CDA-AMC a examiné les données probantes cliniques suivantes :
- Un essai clinique randomisé de phase II comparant la doxorubicine liposomale pégylée à la doxorubicine classique chez 95 personnes atteintes d’un STM avancé.
- Un essai de phase II à un seul groupe de traitement examinant les critères d’évaluation de la QVLS chez les personnes atteintes d’un STM avancé ayant reçu le traitement par la doxorubicine liposomale pégylée.
- Une étude de cohorte rétrospective comparant la doxorubicine liposomale pégylée à la doxorubicine classique en contexte réel.
- En ce qui concerne la comparaison entre la doxorubicine liposomale pégylée et la doxorubicine classique :
- Les données probantes sont insuffisantes pour mettre en évidence des différences entre les groupes d’intervention sur le plan de la survie médiane sans progression et de la survie globale.
- Les données probantes étaient insuffisantes pour démontrer une différence quant au taux de réponse objective ou de stabilisation de la maladie.
- La doxorubicine liposomale pégylée réduit la fréquence et la gravité des symptômes de myélosuppression, de cardiotoxicité et d’alopécie. La doxorubicine liposomale pégylée est probablement associée à un risque accru d’érythrodysesthésie palmoplantaire (également appelée « syndrome main-pied »).
- En ce qui concerne les données probantes sur la QVLS sans comparaison :
- Les résultats relatifs à la QVLS issus de l’essai de phase II à un seul groupe de traitement présentaient un risque élevé de biais et une interprétabilité limitée en raison du devis ouvert et non comparatif des études, et de la perte de vue au suivi.
- Il n’existe pas de données probantes permettant de comparer la doxorubicine liposomale pégylée à l’épirubicine, à la gemcitabine (avec ou sans docétaxel) et aux chimiothérapies ciblant un sous-type histologique.
- Il n’existe pas de données probantes permettant de comparer la doxorubicine liposomale pégylée à d’autres traitements disponibles sur le plan de la QVLS.
Données probantes économiques
- On s’attend à ce que le remboursement de la doxorubicine liposomale pégylée dans le traitement du STM avancé augmente les couts pour les régimes d’assurance médicaments publics.