Examens d’une technologie de la santé
Unités de crise pour de courts séjours au service des urgences : situation actuelle et données probantes sur la sécurité et l’efficacité
Publication : 20 juillet 2026
Messages clés
- Au Canada, les urgences sont en surpopulation permanente, et le nombre de visites liées à des enjeux de santé mentale et à des crises causées par la consommation de substances augmente constamment. Un tel milieu n’est généralement pas idéal pour offrir des soins en santé mentale, vu le manque d’intimité et la surstimulation environnante, ce qui contribue aux mauvaises expériences des patients et patientes, aux visites à répétition, et souligne les obstacles encore plus grands pour obtenir des services communautaires efficaces et accessibles. Les unités de crise pour de courts séjours (UCCS) ont pour objectif de répondre à ces difficultés en proposant une évaluation rapide et une stabilisation brève dans un contexte de prise en charge plus thérapeutique.
- Le présent rapport s’appuie sur des données probantes issues d’un sondage pancanadien destiné aux UCCS en milieu hospitalier et sur un examen rapide des données probantes publiées sur la sécurité et l’efficacité de terrain de telles unités dans l’amélioration des résultats en matière de santé mentale et l’allègement de la surpopulation des urgences. Nous avons interrogé des ressources clés, dont des bases de données de références de revues, et effectué une recherche ciblée sur Internet des données probantes pertinentes publiées depuis 2015.
- Nous avons reçu les réponses provenant de 10 unités réparties dans 7 provinces et territoires au Canada. Les résultats indiquent une grande variabilité de situations. Le nom, le modèle de soins, le personnel soignant, le processus d’aiguillage, la capacité d’accueil et les cibles de durée de séjour des UCCS au pays sont variables. Toutes les structures participantes étaient accessibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, gratuitement. Les personnes ayant répondu au sondage ont toutes décrit des bienfaits évidents, notamment un espace plus sécuritaire et plus calme pour les personnes en situation de crise, moins d’hospitalisations inutiles et des liens plus forts avec les milieux de soins communautaires. Les obstacles couramment signalés portaient sur le financement, l’espace disponible, le recrutement de personnel, les critères d’admission flous et la pression d’utiliser les lits disponibles en période de forte fréquentation hospitalière.
- Les données probantes de sept publications analysées montrent que les UCCS pourraient améliorer certains résultats à l’échelle systémique, notamment le temps d’attente et la durée de séjour aux urgences, ainsi que le recours à la contention, mais ce corpus est limité et partagé. Aucune constante ne s’est dégagée pour les hospitalisations, les réhospitalisations et les résultats relatifs à la santé des patients et patientes, et la plupart des études ont été menées en dehors du pays.
- Globalement, les UCCS sont prometteuses, mais elles ne sont pas la réponse à tous les cas de figure. Leur réussite semble reposer sur des processus d’aiguillage clairs, la multidisciplinarité du personnel, un financement stable, des liens solides avec les ressources communautaires et un alignement attentif sur les besoins systémiques locaux. Les conclusions du présent rapport peuvent servir de guide aux décisionnaires de tout le Canada qui travaillent à mettre en place de telles unités, qui envisagent de le faire ou qui prévoient modifier des structures existantes.