Examens d’une technologie de la santé
L’utilisation appropriée des médicaments dans les hôpitaux
Publication : 21 juillet 2026
Messages clés
- Les mesures visant à améliorer les pratiques de prescription de médicaments dans les hôpitaux de soins actifs permettent de prévenir les effets indésirables des traitements inutiles chez les patients et patientes, et d’accroitre le recours à des traitements efficaces. Cependant, l’ampleur et l’impact de l’utilisation inappropriée des médicaments dans ces hôpitaux n’ont pas été bien documentés au Canada, les données sur les prescriptions en milieu hospitalier n’étant pas facilement accessibles.
- Le présent document d’information, qui présente une analyse inédite, vise à fournir de nouvelles données probantes du monde réel afin de déterminer l’ampleur des variations dans l’utilisation des médicaments au sein des hôpitaux de soins aigus. Réalisée par l’intermédiaire du réseau de recherche VITAL, l’analyse des données relatives à quelque 535 000 hospitalisations dans 115 hôpitaux de l’Ontario et de l’Alberta a mis en évidence des variations importantes dans la prescription de chacune des quatre principales classes de médicaments analysées, à savoir les antibiotiques, les antipsychotiques, les sédatifs-hypnotiques (somnifères) et les opioïdes. Le taux de prescription de somnifères, par exemple, oscillait entre 12 % et 81 % selon l’hôpital. Ce constat est particulièrement frappant compte tenu des recommandations contre l’utilisation systématique de ces médicaments émises par la Société canadienne des pharmaciens d’hôpitaux, l’Association des psychiatres du Canada, l’Académie canadienne de gérontopsychiatrie et Choisir avec soin, ce qui laisse à penser qu’il est possible de prévenir les effets indésirables liés à une utilisation inappropriée.
- Il existe déjà des interventions fondées sur des données probantes visant à réduire en toute sécurité les prescriptions inappropriées, et celles-ci se sont révélées efficaces dans des contextes particuliers. Elles consistent généralement en des modifications aux protocoles de soins, combinées à une rétroaction sur les pratiques ou à un système d’aide à la décision clinique. C’est le cas notamment des programmes d’antibiogouvernance, qui ont permis de réduire de 28 % l’utilisation d’antibiotiques à large spectre, ainsi que des initiatives à plusieurs volets, qui ont permis de réduire de 15 % le recours aux somnifères.
- Les dossiers de santé électroniques et les réseaux de mise en commun des données hospitalières offrent désormais la possibilité, pour la première fois au Canada, d’évaluer efficacement la prescription de médicaments en milieu hospitalier à l’échelle du système. Ils permettent de définir des cibles d’intervention, de fournir une aide à la décision clinique au point d’intervention et d’évaluer l’efficacité et la sécurité des interventions à l’échelle de plusieurs établissements.
- Les décisionnaires et les têtes dirigeantes en milieu hospitalier peuvent ainsi unir leurs efforts pour mettre en place des réseaux qui exploitent les systèmes de dossiers médicaux électroniques des hôpitaux afin d’analyser les habitudes de prescription, de cibler les améliorations possibles, et de mettre en œuvre des mesures d’amélioration de la qualité. En favorisant une utilisation appropriée des médicaments à l’échelle des établissements, on peut contribuer à renforcer la qualité des soins de santé et la viabilité financière du système de santé au Canada.